Voici un petit article sur les démarches administratives en Russie. Après ce voyage, qu'on ne vienne plus se plaindre devant moi de l'administration française !
Premier point, les russes ne connaissent pas bien l'informatique. Beaucoup de choses sont donc manuelles, ce qui ne simplifie rien. C'est la meme chose au niveau des moyens de paiements, ils utilisent seulement l'argent liquide. On ne peut quasiment jamais payer par carte dans les magasins, surtout qu'ils n'utilisent pas le système des codes, mais seulement la bande magnétique, avec une simple signature pour le ticket. Ainsi, les retraites de personnes agées sont données à la banque en liquide, contre un tiquet papier. Dans les banques, il y a des classeurs entiers de tiquets de retraite.
D'autre part, tout est assez surveillé, et rien n'est vraiment centralisé. On doit signer des tonnes de papiers, dans de nombreux endroits différents. Par exemple, nous avons du laisser notre passeport pendant une semaine à l'institut, pour qu'ils le fassent enregistrer par la police. Nous ne restons qu'un mois à Moscou, et nous sommes déjà fichés ! De même, beaucoup de choses sont sécurisées, comme à notre dortoire. Il est impossible d'y rentrer sans la carte d'étudiant et le papier d'autorisation. 3 gardes veillent jour et nuit à la surveillance, ainsi que des caméras dans le hall. Il y a aussi un garde à chaque étage, qui dort dans le couloir et veille aux allées et venues.
Le rapport à l'argent et à l'autorité enfin est assez différent du notre. Au niveau des gardes, il est possible de faire quasiment tout ce qu'on souhaite, à condition d'offrir un petit billet. Il est par exemple possible de faire rentrer une personne extérieuse, pour 200 roubles. Je pense que c'est un pays où beaucoup de choses se marchandent et se monnayent, en dehors de son aspect très sécuritaire. Cette ambivalence se retrouve aussi, en sens inverse, dans le fait qu'ils ne disent pas clairement quoi faire et combien payer. C'est sûrement une sorte de politesse, mais ça ne simplifie vraiment pas les choses ! Au dortoire, par exemple, nous n'avons pas payé à notre arrivée, ni même évoqué le sujet. Seulement, au bout de 3 jours, les gardes à l'entrée nous empèchent de rentrer car notre carte n'est plus valide. On va à l'administration, et là on comprend vite qu'il faut payer, immédiatement !
Ces difficultés aministratives sont un reste de l'époque communiste démondrent une véritable méfiance russe. C'est aussi et surtout un grand frein pour le tourisme. Les conditions d'obtention du visa le montrent bien, puisqu'il faut, pour l'obtenir, avoir une adresse de logement sur place. C'est un aspect de la russie assez interessant, bien que souvent déplaisant.
Par Pauline Prodhome
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Pauline s’étant arrogé de facto le monopole de l’information, je me dois de pallier à cette absence de transparence et vous donner un avis personnel (mais de qualité, vous en conviendrez tous) sur ce séjour en Russie.
Je ne m’étendrais pas sur les déboires divers et variés qui nous ont attendus à l’arrivée, et me contenterais de donner divers avis en vrac sur l’ambiance ici.
Tout d’abord, la vie à l’апшижити (apchigiti), la résidence universitaire (dormitory in english) : ambiance souvent festive et cordiale, l’anglais y est la langue la plus parlée, après vient le chinois (à vérifier, car le recensement est difficile à établir), et enfin le russe. Une véritable tour de Babel, en somme. On y trouve également bon nombre d’italiens (comme partout, ce qui m’amène à penser que le monde est peuplé d’un milliard d’indiens, d’un milliards de chinois et d’un milliards d’italiens), de turcs, d’allemands (grande nouveauté de la semaine, j’ai pas perdu mon temps il ne m’a fallu que quelques minutes pour décrocher un plan où rester du côté de Brême), de saoudiens, et surtout des chinois (grands spécialistes de la cuisine en chambre, sorte d’appeau à vermines en tout genre). Pour ma part, je suis plutôt bien lotis niveau logement : spartiate mais propre (avant que j’y mette un peu mon bazar), et surtout une salle de bain refaite à neuf. Du coup je paye le double, mais ça reste moins cher que l’hôtel. Pour parler pouvoir d’achat, on ne fait pas d’affaire à Moscou, sauf pour ce qui est de la bière (пувo), de la vodka (водка)*, des cigarettes, et de l’essence.
Pour ce qui est des cours, après une semaine dans des groupes de niveau bien trop avancé pour moi, je me suis retrouvé dans un groupe pour débutant, c’est un peu facile, mais au moins je comprends : nous sommes trois élèves avec le prof, problème : la prof parle anglais et russe, votre serviteur parle français (heureusement) anglais (de mieux en mieux) et allemand (bon d’accord, pas si bien**), et deux chinois, un garçon ne parlant que chinois et une fille ayant vécu un an à Lille. Si bien que la plupart du temps la prof parle en russe, traduit en anglais, que je traduit en français, et la chinoise traduit en chinois. Du coup le rythme de travail est un peu lent, surtout car le chinois a des difficultés avec la prononciation et la prof est dans le genre rigide sur ce point. Inutile de se faire des illusions je serais pas bilingue en rentrant.
Enfin bref, tout va bien sous le soleil pour moi.
*j’ai fais quelques progrès en russe sur ce point.
** mais tout le monde me prend pour un allemand à cause cheveux courts et de l’accent en anglais.
Par Rémi Huchet
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